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Hotel Bristol

New York, N.Y.

Roman de Michel Tremblay

LEMÉAC / ACTES SUD

1999, 91 pages

 

Voici donc le cinquante-deuxième ouvrage de Michel Tremblay qui met en scène un récit ou une confession de Jean-Marc, l’alter ego de l’auteur. Il s’agit en fait d’une longue lettre que Jean-Marc écrit à son ami Dominique, psychanalyste vivant à Paris. La missive est longue, mais le roman court. Le livre se dévore en une couple d’heures.

Qu’en est-il au juste ?

Jean-Marc s’est réfugié à New York en proie à une grande agitation intérieure pour écrire à Dominique, son grand ami et homosexuel comme lui. Jean-Marc est le cadet d’une famille de trois frères dont l’aîné s’appelle Richard. L’autre, Philippe, on saura très peu. Le lecteur apprend au fur et à mesure de la lecture du récit que les trois frangins se ressemblent terriblement et sont une copie conforme du père.

Voilà là le drame de Jean-Marc qui déteste son aîné de frère. Jean-Marc a 55 ans et commence à être bedonnant comme Richard qui a 11 ans de plus que lui. Jean-Marc s’en est soudainement et dramatiquement rendu compte en apercevant sa propre silhouette dans la glace d’une vitrine de magasin. C’est alors qu’il s’est vu incarné en Richard qu’il abhorre pour mourir. Faut dire que Richard hait aussi Jean-Marc à cause entre autres de son homosexualité. Et parce qu’il est écrivain, donc un artiste qui n’a pas de vrai emploi.

Jean-Marc se retrouve ainsi dans une chambre du Bristol, un hôtel new-yorkais qu’il aime bien et qu’il a découvert à la fin de son adolescence. Il y passe une fin de semaine pour avouer une chose terrible à Dominique, son confident. Cette chose terrible n’est découverte qu’à la toute fin du roman.

Après plusieurs digressions, pointes d’humour, temps forts, temps faibles et conversations avec sa cousine Aline (qui est du même âge que Richard) décrites sous forme de dialogues alors que la plus grande partie du récit est écrite sous forme de lettre comme un journal intime, Jean-Marc finit par expliquer la vraie raison de son malaise.

Je ne vous la dévoilerai certainement pas ici. À vous de la découvrir en lisant Jean-Marc, alias Michel Tremblay. Si vous êtes un inconditionnel de l’univers de Tremblay, vous aimerez cette dernière parution. Quant à moi, je suis un peu mitigé. Je n’ai pas été vraiment touché ou happé par son récit, par son écriture. Par contre, la finale est très touchante. Et puis, il y a le tellement beau format du bouquin, propre à ACTES SUD. C’est agréable de le tenir dans ses mains. L’illustration de la couverture aussi est belle : il s’agit du détail d’une toile du peintre Edward Hopper.

Bonne lecture !

Michel Paul Beaudry

Club Culture