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L’étrange
destin d’Alfred Bessette dit Frère André
Françoise Deroy-Pineau
Préface de Benoît Lacroix, o.
p.
Montréal : Fides
ISBN 2-7621-2577-4
2004
155 pages
24,95 $
Françoise Deroy-Pineau,
socio-historienne, auteure de plusieurs portraits remarquables, entre autres,
de Marie de l’incarnation, de Jeanne Mance, de Jeanne Leber et de Madeleine de
La Peltrie, nous offre maintenant ce récit biographique , publié chez Fides, d’Alfred Bessette dit Frère André.
Si cet ouvrage a un contenu scientifique, des informations bien en contexte, une riche et abondante bibliographie, onze pages de
photos et une chronologie comparée de quelques mystiques contemporains de ce
« petit homme au regard limpide et lumineux », il reste divertissant
à lire et sans lourdeur. Il rajeunit le héros légendaire et il est accessible à
un grand public.
Lorsque je vais à Montréal, il m’arrive d’arrêter à l’Oratoire
Saint-Joseph. Mes parents étaient allés gravir les marches avant ma naissance,
en 1946, car après trois ans mariés, ils n’avaient toujours pas d’enfants. Je
suis née l’année qui a suivi leur visite, la première de neuf enfants en onze
ans. Mon père riait en racontant cette aventure et il se faisait souvent
taquiner par ses frères. Toujours est-il que je passe occasionnellement afin de
remercier Saint Joseph pour ma vie. Je m’interroge aussi. Comment imaginer
qu’un frère portier a pu rêver de construire un sanctuaire aux dimensions de
cet oratoire du mont Royal, inauguré en 1904? Incroyable!
Mystère! Certainement, cet homme est un grand modèle de foi vivante , de courage et
l’auteure l’a bien respecté.
Né en 1845, Alfred Bessette se retrouve orphelin à douze ans. Sans
instruction, il se fait apprenti boulanger, cordonnier, forgeron, même ouvrier
dans les filatures de coton, en Nouvelle-Angleterre. C’est un jeune homme
pieux, honnête, travailleur, frêle et maladif. En 1867, il rentre au pays, où
il sera tout à la fois jardinier, balayeur, garçon d’écurie, linger, valet de
chambre, infirmier, coiffeur, gardien de nuit et portier. En cours de route, il
est admis au sein de la congrégation de Sainte-Croix, où il devient frère
André.
Sa grande confiance en la puissance de saint Joseph l’amène à guérir les
malades, à soulager les souffrances, à redonner espoir. Des malades, des
infirmes, des gens avec des ennuis de toutes sortes viennent de partout pour
entendre ses paroles simples et son franc-parler, recevoir de ses mains une
médaille et un peu de cette huile aux vertus, dit-on, thérapeutiques. La
réputation du thaumaturge grandit et il doit affronter les sarcasmes et les
attaques de plusieurs adversaires. Il meurt le 6 janvier 1937 à l’âge de 91
ans. Un million de personnes se recueillent sur sa dépouille. Il est béatifié
par le pape Jean-Paul II, à Rome, le 23 mai 1982. Depuis lors, il vit dans
toutes les mémoires et ce livre nous permet encore une fois de nous approcher
de l’homme qui répétait : « Ayez confiance! Priez saint
Joseph. »
Lysette Brochu