

Retour à la liste
BEACH
CLUB
(roman)
Michel
Lafon
Traduit
de l’américain par Isabelle St-Martin
Auteure :
Elin Hilderbrand
365 pages
ISBN:
2-84098-697-3
Genre: roman (portrait social)
Bienvenue
au Beach Club Hotel, sur l’île enchanteresse de Nantucket, au large du
Massachusetts, repaire estival favori des familles les plus fortunées de la
côte Est des Etats-Unis ! Cadre
luxueux, plage privée, service impeccable, discrétion assurée : les clients y prennent leurs quartiers dès
le mois de mai, impatients de retrouver Bill, le patron de l’établissement, et
Mack, son bras droit, qui exaucent leurs moindres désirs. Mais cette année, les deux hommes n’ont plus
le cœur à l’ouvrage; un mystérieux
correspondant harcèle Bill, semblant épier tous ces faits et gestes, et Mack
s’empêtre dans ses dilemmes amoureux.
Et pourtant, ils ont du pain sur la planche : la réceptionniste s’entiche d’un trafiquant
de drogue sexy en diable, la fille de Bill fugue au Brésil, le jeune chasseur
rêve d’Hollywood et, pour ne rien arranger, un cyclone menace d’anéantir
l’hôtel….Le temps d’une saison, les destins des riches pensionnaires et des
membres du personnel s’entremêlent, tissant des liens qui bouleverseront leur
existence entière.
« C’était
lui le patron. Bill et Thérèse
possédaient depuis vingt ans l’hôtel et ses dépendances mais Mack, mieux que
personne, en savait les tenants et les aboutissants, les issues, les impasses
et les refuges. Voilà douze ans qu’il
les apprenait par cœur. Mille clients
allaient pénétrer dans le hall au cours des six mois à venir. Certains fréquentaient l’hôtel depuis que
Mack y travaillait… »
« Mack
avait dix-huit ans et sortait tout juste de sa ferme natale de Swisher, dans
l’Iowa, où son père possédait une exploitation de deux cents hectares – maïs,
soja, porcs et poulets – qu’il tenait lui-même de ses parents. »
Mack
et Mirabel vivent ensemble depuis plusieurs années mais ils ne sont pas
mariés. Mack ne peut se décider et à
chaque fois que Mirabel ou quelqu’un d’autre aborde le sujet, il trouve toujours
le moyen de détourner la conversation.
Prendre une décision est au-dessus de ses forces. Il ne peut se résoudre à prendre une
décision, que ce soit le mariage ou vendre la ferme de ses parents dans
l’Iowa. Pour ajouter à la pression,
Thérèse rêve depuis longtemps de voir s’unir sa fille Cecily et Mack. Mais, les événements prennent une toute
autre direction.
Le
roman s’ouvre sur une lettre anonyme, adressée à Bill le propriétaire de
l’hôtel, le 1er mai. Un
mystérieux individu s’obstine à vouloir acheter l’hôtel que Bill entend léguer
à sa fille unique. Il lui offre 22
millions de dollars…..Il signe, S.B.T.
C’est
ainsi que ce mystérieux acheteur s’infiltre dans le récit, devenant le
baromètre, le lien qui suit l’histoire en parallèle. Chacun des chapitres commencent soit par une lettre du mystérieux
S.B.T. suivi dans le chapitre suivant par une lettre de Bill.
Entre
ces lettres, la vie de tout le personnel et des invités se déroule sous l’œil
attentif des propriétaires. Chacun des
personnages prend vie sous la plume dynamique et imaginative de l’auteure. C’est une micro-société avec ses habitudes,
ses problèmes et ses secrets qui arrive à l’hôtel, pour une courte période
durant l’été. Mack, Bill et Thérèse les
connaissent puisque la plupart d’entre eux reviennent chaque année depuis douze
ans. Pour eux, ils sont comme une
grande famille. Il y règne une
atmosphère étrange, une sensation d’éphémère et d’artificiel tout en étant
réelle.
Le
lecteur est invité à se promener dans des univers parallèles, celui des
invités, du personnel de l’hôtel et des propriétaires. C’est un enchevêtrement habile qu’a réussi
Elin Hilderbrand sans perdre le fil de l’histoire. Le roman possède une charpente solide, une construction
intelligente et des personnages tout à fait charmants. Il y a une foule de petites histoires
contenues dans une grande histoire où les sentiments, les relations amoureuses,
les désirs et les tourments sont au rendez-vous.
Il
y a Mack, un éternel indécis tourmenté par l’obligation de faire un choix, il y
a Thérèse, Bill et leur fille unique Cecily représentant le conflit des
générations et le refus de l’autorité, il y a l’image de la femme libre et
indépendante, il y a Mirabel, une femme marquée par son histoire, il y a Jean,
un jeune romantique ambitieux etc…toute la palette humaine y est représentée et
c’est ainsi que s’entremêlent les vies, les intérêts, les rêves, les amitiés,
les amours et les « désamours »….
On
ferme les volets, l’été se termine, et avec, ses éclaboussures et les préludes
d’une autre saison à venir ! C’est
comme le ciel bleu et le soleil après la tempête !
Elin
Hilderbrand a travaillé et vécu sur l’île du Nantucket. Elle s’est imprégnée de la mer, de ses
riches propriétaires, des grands hôtels, des vacanciers, de l’unique atmosphère
des lieux. Elle a puisé dans ses
souvenirs, sa famille, ses amis et toute cette fébrilité inhérente aux
insulaires et la saison estivale.
Un
excellent roman à saveur marine, une histoire romanesque originale dans des
lieux de vacances pour clientèle riche où on s’accroche férocement aux
traditions. Je vous le recommande.
Bonne
lecture !
Francine
Charette
Club-Culture