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ALIRE
Auteur : Jean-Jacques Pelletier
593
pages
ISBN :2-922145-47-6
041
Prix : 16,95$ (livre de poche)
Pour
l’inspecteur Théberge, tout débute avec la découverte, dans la voiture d’un
gestionnaire, du corps totalement exsangue d’une danseuse de club. Or, quelque temps plus tard, le milieu
financier de Montréal est secoué par les décès – mort suspecte, suicide,
assassinat – de plusieurs gestionnaires et par la « disparition » de
750 millions de dollars des coffres de la Caisse de dépôt et placement du
Québec. Y aurait-il un lien entre tous
ces événements ? se demande
l’inspecteur. Et qui donc aurait
intérêt à faire croire qu’un vampire hante les rues de Montréal ?
Pour
F – Madame Ogilvy -, la directrice de l’Institut, tout indique que le
Consortium cherche à implanter au Québec une colossale machine à blanchir de
l’argent. Patiemment, avec l’aide de
Blunt, de Hurt, des Jones et de Chamane – un jeune hacker -, elle poursuit le
travail d’analyse et d’enquête. Pour
réussir à contrer encore une fois le Consortium, dont les moyens et les
ramifications semblent sans limites, l’Institut devra s’engager dans une
nouvelle et très inégale lutte…..
Voilà
en bref, ce que nous propose l’auteur, Jean-Jacques Peletier, auteur de cette apocalypse
torturée, à multiples visages !
Après
« La femme trop
tard », « Blunt – les Treize Derniers jours », « La
Chair disparue », « L’Argent
du monde – 1 », nous continuons notre périple hallucinant dans
l’univers de la faune financière, de la corruption et de la manipulation. Les forces du bien et du mal sont toujours
en guerre. Une course effrénée – à
travers une vision drôlement proche de la réalité, à la fois dérangeante et
angoissante.
Le
volet Internet est très présent, surtout quand il s’agit de pénétrer des
réseaux complexes sous haute surveillance.
« Accéder
à la partie du réseau utilisée par les Creep Techs et voir sur quoi ils
travaillaient, c’était réaliser le crack ultime.
L’auteur
prend un soin particulier, par exemple, en nous faisant pénétrer dans l’univers
des « Yakusas » : « Ils vivent dans une société où la
politesse, l’étiquette, le maintien d’une image appropriée aux circonstances
sont les fondements de l’éthique, en fait, c’est une condition d’existence de
la société. Tout ce qui pourrait faire
perdre la face est censuré. Autant sur
le plan personnel que sur le plan collectif. »
Le
dénouement est d’une logique implacable.
L’auteur procède par analyse et utilise la déduction : projet, fidélisation, organisation toujours
en mouvement, ce qui la met à l’abri de la sclérose. Une bonne organisation ne peut avoir une forme arrêtée, elle doit
être fréquemment modifiée pour tenir compte des dynamiques à l’intérieur de
l’organisation, des rapports avec les alliés et des comportements des
adversaires.
« Croyez-moi,
pour ces gens, vous serez un compétiteur direct. Et puis, il y a les autres.
Je pense aux compagnies qui utilisent leur pouvoir discrétionnaire de
faire le bien dans des secteurs marginaux (donations, bourses, subventions
artistiques) pour justifier leurs profits et les concessions lucratives
qu’elles arrachent aux gouvernements.
Il y a longtemps qu’elles ont découvert qu’il est payant de se comporter
en bon citoyen et que les « bonnes œuvres » constituent un
investissement rentable….C’est une arme redoutable que vous aurez entre les
mains. Regardez seulement la façon dont
les États utilisent l’aide internationale pour imposer leur influence et
asseoir leur pouvoir…. »
Cette
idée résume assez bien l’image des réseaux inter-planétaire, de leur immense
pouvoir, de leur infiltration au plus haut niveau etc….
Après
avoir lu les romans précédents, nous avons l’impression que nous sommes en
présence d’un jeu : 1-la Terre,
2-les différents pays avec leur gouvernement et les gens riches et influents,
tous inter-reliés par des intérêts financiers et politiques, 3-les forces du
bien et du mal – guerres de pouvoir, associations criminelles et autres, 4 –
sociétés secrètes puissantes « underground », 5- forces parallèles
provenant de la population « éléments-surprises ». Les uns se ralliant au crime et les autres
aux plus démunis, disons, pour le besoin de la cause, qu’ils sont des cartes
importantes pouvant faire basculer les résultats de la confrontation.
Un
jeu d’échec électrisant impliquant la planète entière et toujours en mouvance.
« L’argent
mène le monde » est la prémisse sur laquelle est basée cette épopée. Un roman percutant et dérangeant qui nous
fait se poser des questions sur la mondialisation, nos systèmes de valeurs, nos
gouvernements et ses grands décideurs, sur les institutions bancaires et leur
influence énorme sur l’économie mondiale etc.
« L’Argent du monde-2 » c’est un constat (fiction) sur les
différents éléments sociaux, politiques et économiques qui régissent notre
planète et le partage des richesses.
Visionnaire – Réel – Fictif- ?
C’est tout ça, avec en plus, une flore humaine très diversifiée
représentant les forces aujourd’hui en présence, dans notre belle
civilisation…..
L’auteur
puise à l’intérieur de son vécu, puisqu’il participe à plusieurs comités de
retraite et de placement, qu’il enseigne la philosophie. Et justement, la philosophie lui permet
cette analyse cartésienne avec clarté et minutie du détail sans tomber dans une
rhétorique sévère et aride . Ses idées
sont énoncées avec précision, son discours est toujours dynamique, transparent et
ses personnages nous amènent en des lieux secrets, intimistes mais qui ne nous
sont pas inconnus. Les questions qu’il
pose, nous nous les posons tous les jours.
Les problèmes et les enjeux qu’il nous soumet meublent notre quotidien,
nous les connaissons et nous sommes à la recherche de réponses pour prévenir
des échecs irréversibles. Nos angoisses
concernant le travail, l’abus de pouvoir, les guerres, la crédibilité des
grandes sociétés, des cataclysmes potentiels ainsi que les grands scandales
financiers nous interpellent sans cesse.
C’est
pourquoi je vous invite à lire cette saga déroutante et actuelle, tout
d’abord : « La femme trop tard », « La Chair
disparue », « L’Argent du monde – 1 » et finalement,
« L’Argent du monde-2 ».
Bonne
lecture !
Francine
Charrette
Club-Culture