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Le
Goût du bonheur
Marie
Laberge
Édition
Boréal
ISBN : 2-7646-0075-5 (v.1)
ISBN : 2-7646-0103-4 (v.2)
649
pages
Roman
Avril 1942. Où seront-ils tous quand cette guerre prendra fin ? Comment seront-ils passés au travers, à quel prix ? Où seront les enfants de Gabrielle et d’Edward : Adélaïde, la sauvage attachante, Fabien, Béatrice, Rose et Guillaume ? Où seront Florent, Nic, Kitty et Theodore ? Qu’est-ce qui restera de ce monde à jamais bouleversé ? Qui aura gagné ou perdu ? Hitler semble si fort et les combats si vains…
La
fureur qui parcourt ce deuxième volet de la grande trilogie du « Goût du
bonheur » n’est pas seulement celle des nations qui se lancent l’une
contre l’autre, c’est aussi celle du désir.
Et Marie Laberge sait comme personne trouver les mots pour décrire ce
désir, impérieux, complexe, contradictoire.
Ce
deuxième roman sorti depuis le printemps de cette année 2001 reprend là où tout
s’est arrêté pour Adélaïde : quand
Gabrielle est
morte, que les familles se sont effritées à cause d’une guerre stupide ,
qu’elle a su qu’elle était enceinte de Theodore, que son père, terrassé par le
chagrin, l’exile à jamais de sa vie et que Nic lui offre de devenir sa femme
pour sauver sa réputation et son honneur.
C’est
le roman d’Adélaïde – protagoniste-, de ses combats, ses éternels
questionnements, sa passion pour tout ce qui est beau. Elle s’acharne à être heureuse par tous les
moyens, un appétit qu’elle a hérité de sa mère. À travers les années de guerres, les absents sont les hommes,
laissant derrière femmes et enfants, misère et désolation. Les femmes sont
comme des veuves en devenir, elles essaient de remplacer le père absent auprès
des enfants mais en secret, elles éprouvent un vide immense le soir, quand il
est temps d’occuper un lit rempli de souvenirs….
Ce
sont Paulette – toujours amoureuse de Nic -, Florent – le confident, l’artiste,
le frère de sang d’Adélaïde, le deuxième père de Léa, (l’enfant d’Ada), la
tante Germaine - indispensable, généreuse et dévouée -, Béatrice – la jeune
sœur d’Adélaïde, tourmentée, envieuse et toujours aussi frivole – et une foule
d’autres personnages avec leurs joies et leurs tourments.
Marie
Laberge raconte avec audace, elle fignole, exploite, elle représente avec
acquitté et sensibilité des sentiments,
des idées et des émotions diverses, elle expose comme une sorte de tableau,
l’évolution et le mouvement perpétuel de ce tissu social, riche et en
expansion. C’est avec une plume
fiévreuse et passionnée pour le vêtement qu’elle décrit la mode et le design,
en parlant des tissus comme d’une expérience sensuelle.
Elle
possède un style d’écriture d’où exhalent des images, des nuances, des parfums
subtils.
Nous
avons sous les yeux des hommes et des femmes étudiés puisqu’elle examine avec
soin et attention, soit une situation ou une personne pour en connaître
l’humeur et ses façons d’agir. Toujours
fidèle à une époque, ses personnages sont authentiques. L’intérêt soutenu de ce roman est relié
étroitement à la réticence de l’auteure à dévoiler toutes les réponses en
laissant deviner des réserves ou une désapprobation non formulées. Ce roman est également une œuvre esthétique
et indéfectible puisque l’histoire et ses personnages ont une dimension au-delà
du temps et de l’espace. Il est
étonnamment moderne.
Pour
l’été, procurez-vous les deux premiers romans d’une trilogie : « Gabrielle » et
« Adélaïde » et vous ferez le plus beau des voyages !
Bonne
lecture ! Francine
Charrette Club-Culture