
Découvert par la réalisatrice Amy Heckerling dans le film Fast Time at Ridgemont High en 1982, Cage sort définitivement de l'anonymat lorsqu'il tourne coup sur coup Rusty James (1983) et The Cotton Club (1984), réalisés par son oncle Francis Ford Coppola. Ses performances dans Birdy d'Alan Parker puis dans Arizona junior des frères Coen font de Nicolas Cage un des meilleurs acteurs de sa génération. Ce qui semble confirmé par les nombreuses récompenses obtenues pour son rôle d'un alcoolique dans le dernier film de Mike Figgis, Leaving Las Vegas (Oscar du meilleur acteur, prix d'interprétation masculine du New York Film Critics Awards, du Los Angeles Film Critics Association Awards et du Golden Globe). Malgré une carrière que l'on peut aisément qualifier d'éclectique - il alterne facilement comédie sentimentale et drame de moeurs, film indépendant et production typiquement hollywoodienne , Nicolas Cage est incontestablement un acteur de la marge.
Né en 1964, Cage grandit à Long Beach en Californie et connaît une enfance difficile. Son père, Auguste Coppola, frère du grand réalisateur, subvient aux besoins de la famille avec son maigre salaire d'enseignant. Sa mère , une danseuse, souffre de dépressions chroniques et est confiée à une institution psychiatrique alors qu'il n'est qu'un petit garèon. Comble de malheurs, ils divorcent lorsqu'il a 12 ans et se retrouve au milieu d'une bataille juridique au sujet de sa garde. Sans argent, timide et éprouvant beaucoup de difficultées d'intégration à l'école, ses études secondaires sont un véritable enfer. Mais il désire devenir un acteur et entreprend donc l'apprentissage du métier à l'American Conservatory Theatre à San Francisco. Il vit maintenant heureux avec son fils Weston et l'excellente comédienne Patricia Arquette.
Dans le richissime et éclatant univers du cinéma américain, et malgré certaines apparitions dans quelques productions hollywoodiennes, Nicolas Cage loge à l'enseigne de la marginalité. Les rôles qu'il tient à l'écran ainsi que le type de scénario qu'il choisit sortent effectivement des sentiers battus. Comme en témoigne sa feuille de route, Cage n'hésite pas à miser sur le cinéma et les réalisateurs indépendants qui travaillent souvent dans l'ombre d'Hollywood. Pensons aux frères Coen, à John Dahl (Red Rock West), à David Lynch (Sailor et Lula), à Robert Bierman (Vampire's Kiss) et à Mike Figgis, qui a tourné Leaving Las Vegas avec un minuscule budget et en 16 mm plutôt qu'en 35 mm.
De plus, les personnages qu'il incarne au cinéma sont aussi, pour la plupart, marginaux. Il interpréte à merveille et avec beaucoup de conviction le voyou, le criminel ou l'adolescent révolté, comme en témoignent entre autres les films Arizona junior, Le baiser de la mort, Les moissons du printemps, Rusty James et Sailor et Lula. Cage campe également avec énormément de talent les individus meurtries par la vie, déprimés et au bord du désespoir. Pensons à son interprétation de Ronny dans Clair de lune et à celle de Michael dans Red Rock West. Et que dire de sa prestation dans Adieu Las Vegas, où il incarne un scénariste qui littéralement se noie dans l'alccool. La faèon dont il a assimilé la personnalité suicidaire de Ben dans ce dernier film de Figgis en dit long aussi sur sa conception, un peu marginale, du métier. Afin de bien sentir le personnage, il part en Irlande. Il fréquente alors tous les pubs et boit beaucoup de Guinness. A son retour aux États-Unis, il dévore de la junk-food. Rapidement, il se sent dégueulasse et déprimé, prêt pour incarner le rôle de Ben!
Enfin, comme il le dit si bien lui-même, "pour être un bon acteur, il faut posséder ce petit quelque chose qui caractérise si bien les criminels."
