PAVILLON OF WOMEN

PAVILLON DE FEMMES

(Pavilion of Women)

VHS ou DVD

 

RéalisateurYim Ho

Scénario :  Paul Collins, Luo Yan

Adaptation du roman du même nom de Pearl S. Buck

Distribution :  William Dafoe (André), Luo Yan (Madame Wu), Shek Sau (M. Wu), John Cho, Amy Hill etc…

 

Durée:  98 minutes approx

Genre :  drame historique, romance, filmé en Chine – Suzhou, Shanghai et Zhou Zhuang.

Co-Production – Anglaise et Chinoise.

 

 

Synopsis

Dans la Chine des années 30, à une époque de transition – le Japon envahi les frontières chinoises et se préparent à la guerre – la montée du communisme en Chine.  Nous retraçons l’histoire de Madame Wu, aristocrate et épouse d’un homme riche et d’une famille de pouvoir.  À 40 ans, son immense besoin d’apprendre et d’élargir ses horizons l’obsède.  Il veut faire quelque chose pour briser la monotonie de sa vie.  Maintenant que ses deux fils sont rendus à l’âge adulte, elle cherche une jeune concubine pour son mari afin de satisfaire ses apétits sexuels pour le distraire mais également, pour lui laisser toute la latitude de réaliser son rêve, lequel l’amène sur le chemin d’André – médecin de profession et prêtre, responsable d’un orphelinat.

Elle découvre un homme passionné, généreux et tout aussi curieux qu’elle.  Elle tombe amoureuse.

 

Un décor fabuleux pour les yeux.  À l’intérieur des murs de cette vaste demeure, une famille vit à l’abri des problèmes…et qui plus est dans un petit paradis artificiel où, de toute évidence, le monde extérieur avec tous ses problèmes ne pénètre pas à l’intérieur…..

Les autres n’ont pas d’importance.  Il n’y a que la famille et les amis de la famille qui comptent et, les apparences…

Il y a d’un côté le monde riche – puissance, liberté, argent -  et la vraie vie qui se déroule à l’extérieur – pauvreté, saleté, abus de toutes sortes, famine et problèmes politiques.

 

Une histoire d’amour interdite entre un prêtre missionnaire et une femme mariée, riche et soumise à la dictature d’une vieille femme, la matriarque de la famille Wu.

Tout cet équilibre s’effrite alors que Madame Wu décide de visiter sa meilleure amie sous l’œil menaçant de son mari qui lui somme de ne pas arriver en retard à la réception sans quoi, elle serait chassée…..

La ballade sur la pirogue pour se rendre chez son amie est l’un des moments les plus savoureux du film – des couloirs d’eau semblables à ceux de Venise – C’est là qu’à travers les yeux de Madame Wu, nous sommes plongés dans l’univers quotidien du monde ordinaire, des hommes et des femmes qui travaillent, des enfants qui jouent et courent partout et, sur un pont reliant deux rives, des responsables de l’ordre sont à la poursuite d’un petit voleur……Des regards furtifs sur la vie des gens que Madame Wu découvrent pour la première fois….Ce besoin urgent de changements l’obligent à observer ce qui se passe à l’extérieur de la demeure de son mari – devenu une prison à bien des égards…..

Juste ces quelques minutes de vraie vie, nous montre à quel point ces deux classes sociales sont diamétralement opposées.

 

Arrivée à la demeure de son amie, Madame Wu s’aperçoit que cette dernière agonise.  Enceinte à 40 ans, l’accouchement pose problème et elle a un urgent besoin d’un médecin…..son mari refuse d’accorder une autorisation à un médecin blanc….Selon les traditions, aucun homme ne doit toucher, ni voir l’accouchement d’une femme….Même les femmes s’y opposent.  Elles n’ont pas droit de parole devant la décision d’un mari….

Malgré les protestations de tous et toutes, André pénètre dans la chambre de la malheureuse pour les sauver, elle et son enfant…..

 

Madame Wu revient à la maison, un peu en retard pour la réception donnée en son honneur pour ses 40 ans…..

 

Cette fresque romanesque sur fond historique est réjouissante, quelques fois chancelante mais la performance des comédiens principaux solidifie le tout.

Approche très classique, un drame familial digne du théâtre shakespearien.  Des prises de vue de qualité par contre, certaines scènes ont une signature très hollywoodiennes comme celle-ci :  André et Madame Wu sont pris au dépourvu lors d’une promenade intime. Une pluie dilluvienne les obligent à courir pour se mettre à l’abri. Ce faisant, Madame Wu se blesse légèrement à une cheville…..André la prend dans ses bras et comme par hasard, trouve une grange déserte pleine de balles de foin…..devinez le reste…..

Et comme si ce n’était pas assez, sur le chemin du retour, le fils aîné les surprends, main dans la main, se souriant. 

Pour ce fils aîné, élevé dans la plus stricte tradition chinoise et obligé de se marier à une étrangère choisie par le père, la conduite répréhensible, honteuse et hypocrite de son père, autant que celle de sa mère finissent par le convaincre qu’il doit partir sur le champ, loin de la famille s’il veut vivre sa vie.  Il s’engage dans l’armée communiste.

 

Malgré les inégalités, l’exotisme retient notre attention autant que la description - us et coutumes - d’une société aristocrate des années 30 en Chine. 

Très agréable aussi parce que nous avons l’occasion de découvrir des acteurs et actrices chinois de talent et une présence inouïe à l’écran.

La qualité cinématographique est à souligner.

 

Un film divertissant.

 

Bon cinéma !

Francine Charrette

Club-Culture